Gustave Parking revient : garez-vous !

A la question faut-il aller voir Gustave Parking, la réponse est : oui, au moins une fois dans sa vie. Avec sa tête de pierrot lunaire qui aurait mis les doigts dans la prise, le bonhomme ne ressemble à personne. Et pas seulement parce qu’il a fait toute sa carrière, et en partie sa réputation, en pratiquant des tarifs défiants toute concurrence (10 F hier, 2 euros aujourd’hui, tout augmente…).

Du théâtre de rue, où il a débuté, il a gardé le sens du rythme, l’art de tenir un public en haleine et de bâtir un spectacle avec trois fois rien. Au Trévise, où il revient tous les lundis soir, la tornade Parking jongle avec des artichauts, « terrorise » la salle avec une passoire garnie de petits suisses, rejoue la guerre des étoiles avec une cigarette et des bulles de savon. Les spectateurs, à la fois cibles potentielles et acteurs à part entière, en redemandent. Ça part dans tous les coins, au propre comme au figuré, et pas seulement à grands coups de trouvailles visuelles. En bon bateleur, le trublion sautillant enchaîne à toute vitesse bons mots, blagues et sentences de son cru. Le tout ponctué par un « Celle-là, je vous laisse y réfléchir », souvent nécessaire.

Là encore, ça tire à vue : les chasseurs, les politiques, le théâtre subventionné et bien sûr le cul. Et la philosophie selon Gustave semble alors se teinter d’une once de démagogie qui gâte un peu le goût de la sauce. Un peu seulement, à voir la mine réjouie et comblée des spectateurs à la sortie.

Ce soir et tous les lundis soir à 20 heures, au Théâtre Trévise, 14, rue Trévise (IX e ). Métro Cadet ou Grands-Boulevards. Tarifs : 2 euros, plus paiement au chapeau. Téléphone. 01.45.23.35.45.

Christophe Levent
Le Parisien , lundi 22 septembre 2003