Le rire rêveur

Sous bénéfice d’inventaire, il semble bien que ce soit GUSTAVE PARKING qui, le premier, a commencé à semer ses spectacles de la phrase « je vous laisse réfléchir là-dessus… ».Ce n’est pas seulement une clause de style, un gimmick de comédien comique : il appartient à cette génération pour qui les plaisanteries ne naissaient que de l’inquiétude ou de l’indignation. Il est donc écologiste aujourd’hui comme à l’aube des années 80, lorsqu’il se produisait dans de petites salles du Marais et sur les larges trottoirs de St germain.

Cet été, il s’est installé dans la salle du Trévise, avec Mes Meilleurs Morceaux, spectacle récapitulatif avec son originale formule de billetterie.

GUSTAVE PARKING aime les jeux de mots, les calembours d’actualité, dans une veine mi-chansonnier mi-Pierre DAC. Il a assez de métier pour les aligner avec naturel et une désinvolture habile-« je vous laisse réfléchir là-dessus… ». Toujours.

C’est aussi un comique visuel qui maîtrise quelques numéros d’une poésie et d’une invention délicieuses, comme un jeu de bulles de savon ou son célèbre délire à base de petit suisse.Plaisamment sentencieux, politico poétique, son spectacle a quelque chose d’un Alex Métayer en plus athlétique, d’un Rufus survolté. Le sourire du personnage avec ses élans « d’Intégriste de la tolérance » achève de transformer son spectacle en un moment songeur et heureux.

par Bertrand DICALE