Parking ne se gare décidément pas

Les marionnettes du penis n’étaient là que pour échauffer les esprits. Une salle survoltée, au Théâtre Montjoie lundi soir, pour accueillir Gustave Parking non moins dynamité. L’ « humoriste écolo » enchaîne jeux de mots, vacheries sur les politiques et gags visuels. Sur scène sont empilés ses accessoires. Une liste à la Prévert : tomate, chou-fleur, pétard, chapeau de magicien, endives… Plus de 20 ans de trouvailles qu’il a imaginées, créées, inventées, élaborées. Ce personnage, qu’il vit depuis 1981, n’est pas un autre. C’est bien lui, le clown des temps modernes qui fustige racisme et intolérance. C’est encore lui qui brocarde chasseurs et magouilleurs.

Très souvent au bord de la scène Gustave Parking aime le public. En sont victimes les spectateurs du premier rang. Des poireaux lancés à certains pour faire ambiance tropicale, une «victime innocente» désignée en une jeune personne, prénommée Romaine. Et, surtout, un mémorable (faux) lancé de petit suisse. Gustave s’amuse avec le public, il en joue. Le public, lui, à l’impression d’être sur scène, d’être aux côtés de l’humoriste. Que ce soit ceux du fond, des côtés ou du milieu. Certains connaissent déjà les tics de Parking. Ils reviennent à chaque fois que lui revient à Saint-Gervais. Prix du Public une année, Prix du Jury une autre, parrain du festival encore une autre, l’électron libre de la scène comique reste fidèle au festival.

Pour le rappel, il décide d’imiter ses prédécesseurs, mais en plus soft. «Déshabillez-vous» ordonne-t-il à la salle des coulisses. «Car moi je reviens sans rien». Gustave Parking retourne devant le public dans le plus simple appareil. Sauf qu’il demeure toujours déguisé. Sa nudité, la plus complète, n’est qu’un déguisement. Le voilà, ce clown, qui se met à nu sans être à poil. Un hiatus qui lui permet dans un dernier laïus de se faire une fois de plus le chantre de la protection de la Terre «notre mère». Et ce n’est pas un bonus.