19:25 STUDIO GABRIEL

Conjuguant trouvailles visuelles et bons mots, Gustave Parking, dont le dernier delire sort en vidéo, s’offre en spectacle au Casino de Paris.

« Je ne suis pas un artiste engage. Parfois,je m’engage. Parfois,je me dégage. Adepte du va-et-vient, je suis un artiste qui fait l’amour à son public ». Content de sa trouvaille, Gustave Parking sourit. Qui sème l’humour, récolte le succès. Initiateur du prix d’entrée symbolique et de la sortie payante – dix balles l’ entrée, dix mille à la sortie l’ancien artiste de rue, rompu à l’apostrophe sur le goudron et aux jongleries sur le bitume a fini par réussir. .. et échouer sur scène. Cultivant avec délectation un attachement pour les objets hétéroclites et déglingués qu’il détourne, Gustave, né Pierre Le Bras voici quarante-deux ans, est un inclassable comique. Il bataille parfois ferme avec Flo, sa compagne artiste peintre et sculpteur, pour s’approprier un vieux bout de ferraille. Flirtant sans répit entre la fantasmagorie tordante et le surréalisme tordu, Parking n’a pas son égal pour recréer un atoll perdu dans le Pacifique: trois poireaux pour les cocotiers, un bras plus long pour le scientifique… Ancien militant écolo, même s’il avoue « n’avoir jamais été encarté dans un groupe » il défend avec tendresse notre bonne vieille Terre saccagée plus qu’a son tour.

 » Il y a quelques années, précise-t’il j’ai mené un combat auprès de la mairie du Pré-Saint-Gervais où j’habite. On a pu sauver des arbres cinquantenaires, instaurer des bennes pour le tri des déchets domestiques. Bref, on s’est bien battu et maintenant à la mairie, l’environnement est devenu un sujet prioritaire. » Enrôlé tous les jours dans Tous aux abris, le rendez-vous quotidien de Claude Villers sur France-Inter, Gustave passe des heures plongé dans les aphorismes et les maximes célèbres à la recherche d’un bon mot parce que, dit-il : « J’ai envie de donner ce qu’il y a de meilleur, de trouver les phrases les plus intelligentes et les plus drôles ». Pendant deux semaines en avril, il va prendre en otage le public au Casino de Paris avec un nouveau spectacle, rôdé quatre semaines chez nos voisins bruxellois. Une nouvelle aventure qui tombe a pic avec la sortie en vidéo de son dernier spectacle, entièrement « remonté » et garanti « 100 % famille et 100 % rire » . Nouant des relations solides avec le public, Gustave prend en effet un malin plaisir à chaque représentation à designer à la vindicte générale l’anonyme qui fera se gausser la salle. Cette relation inédite avec les gens, Gustave Parking la cultive avec tendresse: « J’ai toujours eu besoin d’aller vers les autres. J’ai beaucoup souffert dans ma vie et cette relation affective avec le public m’est indispensable. A la fin de chaque spectacle, je me sens vidé. Mais cela m’est égal pour être heureux, j’ai besoin de deux trucs : le public et ma femme  »

Christine Charrier.