Gustave Parking revient avec un nouveau spectacle

Qui se cache derrière un tel patronyme ?

Rien qu’un agité du bocal bourré d’énergie qui se transforme en mouche avec une passoire pour les yeux et des raquettes de tennis pour les ailes, s’improvise cracheur de feu avec du chocolat en poudre ou metteur en scène avec des comédiens-spectateurs, remuant des poireaux en guise de palmiers d’une île exotique… Mais, ce clown imaginatif et philosophe est aussi un observateur éclairé de l’actualité et tire la sonnette d’alarme quand notre chère planète est en danger. Entretien.

CM : D’où te viennent tes idées de mise en scènes ?

D’un peu partout. Je cherche dans les quincailleries, les spectacles internationaux, dans ma cuisine, mon garage, chez mes amis et dans les improvisations que je fais avec le public. Les idées viennent toutes seules : ce ne sont pas des idées de mise en scène, ce sont des mises en scène qui s’imposent à un moment donné.

CM : Axes-tu ton spectacle sur des thèmes précis ou t’inspires-tu essentiellement de l’actualité ?

Les deux puisque j’aborde des grands thèmes comme l’écologie, la tolérance, l’antiracisme et la justice sociale que je fais passer a travers des délires avec des objets; ce n’est donc pas dogmatique du tout mais, en même temps, je parle de l’actualité et j’aime être assez précis. Quand je suis en tournée, je balance une petite vanne sur l’actualité locale…

CM: Qu’est-ce qui te fait avancer?

L’amour et l’argent, comme tout le monde. J’ai envie d’être aimé et d’avoir de l’argent pour en profiter. Ce dont j’ai besoin : l’amour (toujours), les voyages et le public. La « gloire » en soi ne m’intéresse pas; la reconnaissance du public me procure un tel plaisir que cela me suffit.

CM: Quel a été ton parcours ? Qu’est ce qui t’a formé ?

La rue et plus exactement la nécessité de gagner de l’argent en jouant dans la rue; mais aussi de ne pas avoir envie d’entrer dans le système metro-boulot-dodo, de me battre contre le schéma traditionnel. J’ai également appris en regardant les autres et j’ai développé mon univers à moi. A chaque fois qu’on me faisait une critique sur le spectacle, j’appuyais dans ce sens là. Plus on me disait : « c’est trop participatif », plus je faisais participer le public, plus on me disait que : « c’était trop engagé », plus je m’engageais. C’est une assez bonne règle à appliquer pour un artiste qui débute.

CM : A côté de tes délires comiques visuels et sonores, tu glisses des propos philosophiques dans tes sketchs. Quel est ton rapport a la philo ?

Je suis allé en fac de philo, en tant qu’auditeur libre, car j’avais une soif de comprendre le monde pour éviter de le subir (notez la phrase!). J’ai suivi des cours de linguistique avec Jean Gagnepain qui a été un peu mon mentor philosophique. Car à mes yeux, il a détruit toutes les routes dogmatiques qui donnaient des solutions; il critiquait tout.

Du coup, cela m’a permis d’éviter le piège des structures toutes faites. C’est vrai que cela se retrouve dans mes spectacles ou je prête à rire tout en donnant à réfléchir comme on l’a fait avec moi

CM : Penses-tu qu’il faut avoir souffert pour être drôle ?

Je pense qu’il faut avoir sa propre profondeur pour être profondément drôle. Car déjà pour être sur scène, ton besoin d’amour doit être tel qu’il te permette de dépasser la peur du ridicule. De plus, beaucoup de gens ont fait rire à leurs dépens et s’en sont, ensuite, servi pour être comiques. Ainsi, celui qui dédramatise sa propre souffrance peut dédramatiser celle de l’autre et l’intérêt d’être drôle est de pouvoir soulager momentanément la souffrance des autres, c’est à dire de les distraire.

CM : Quels seraient ton dernier message ?

Je peux te dire plusieurs petites phrases… « Pour être heureux il faut avoir quelque chose à faire et quelqu’un à aimer » ou « Si ton ciel peut t’attendre, la Terre ne le peut plus, s’amuser à la défendre est un plaisir de plus ». Et pour finir une phrase de Prévert : « il faut s’efforcer d’être heureux, ne serait-ce que pour montrer l’exemple ».

Propos recueillis par Emilie Dèbes